Et si ?

Hier matin, nous étions le 1 avril 🐟 et la radio La Première nous disait que les blagues du 1 avril étaient un peu passées de mode… puis j’ai été sur Facebook — je sais, c’est mal. Dopamine, toussa. Je me soigne. — et j’ai bien ri. Parfois jaune.
Ce matin, matin du 2 avril, c’est donc l’occasion de se dire « Et si ? ». C’est une amie qui m’y a fait penser et, c’est vrai que dans un coin de la tête pour pas mal de poissons d’avril, l’on peut se poser la question de la faisabilité. Se dire que finalement, c’est parfois pas si bête.
Cette année, deux types de poissons se sont démarqués dans mon fil. Les uns avec une image générée par IA. Les autres avec un vrai reportage.
La police nous propose ses nouveaux véhicules; tram, sous-marin et des journées découvertes; on te donne un flingue et tu peux être policier un jour.
Une petite agence de voyage locale a acheté un avion à ses couleurs.
Le cheval Bayard de la ducasse d’Ath était remplacé par un énorme poisson.
La brasserie des Légendes propose les bières à tartiner tandis que la brasserie Bière à la Ferme présente un partenariat avec fake-water pour des gourdes et des capsules odorantes. Odeur, et donc goût, bière.
Ces images sont au mieux convaincantes, au pire très bien faites. Le logo bien en place, l’ambiance crédible. Et si ? Et si c’était vrai ? En scrollant vite, je peux y croire — et c’est exactement là que la blague fonctionne. Parfois, l’idée n’est pas trop absurde — le poisson Bayard, seriously. Elle aurait pu exister. C’est ça qui fait rire.
D’autres ont mis le paquet. Pas juste une image. Un reportage.
Notele nous présente Poulycroc comme ayant été choisi pour écrire et interpréter la chanson du mondial de foot en étant présent à chaque match des Diables Rouges.
La maison des géants d’Ath a interviewé des porteurs de Goliath qui annonçait que le petit David serait interprété par sa sœur car le petit frère avait de trop mauvais résultats scolaire. Quelque chose du genre.
La ministre Glatiny part en voyage jouer le rôle de Chantal Goya. Beau reportage. Belle autodérision. J’ai bien aimé.
Ces blagues-là, elles demandent une équipe. Un scénario. Du matériel. De la préparation. Elles touchent davantage. Il y a du travail, une réelle envie de piéger 🦈.
Outre la réflexion du « Et si ? » que je laisse à chacun — Oui, j’aurais bien aimé voir les poulys jouer avant chaque match — ce premier avril nous montre que l’Homme reste jouette. Oui, je dis sciemment l’Homme car c’est bien la partie masculine de l’Être humain — à part peut-être madame Tatcher — qui joue sans trop réfléchir à son environnement. À l’environnement de ses enfants. C’est l’homme qui a inventé la Formule 1, le Paris-Dakkar, les grands déplacements pour le foot…
Des jouets. Des jouets d’adultes. Chers.
Cette année, on est passé du poisson, découpé dans un vieux papier, et collé dans le dos à la génération d’une image faite par une IA.
Quel en est le coût ?
Générer une image par IA, ce n’est pas neutre. Les datacenters qui font tourner ces modèles consomment en permanence. Former un grand modèle, c’est de l’énergie. Du courant. De l’eau. Une requête, c’est rien. Des milliards de requêtes par jour — et c’est là où on en est — c’est une autre histoire. Le vieux poisson découpé dans un journal : zéro watt. Zéro serveur.
Ceci dit, c’est bien de jouer. C’est important de rire. De s’amuser.
Mais peut-on continuer à choisir les jeux les plus lourds sans y penser ?
Où est la limite entre profiter de la vie et participer à sa dégradation ?
J’ai peut-être un léger regret pour le poisson collé dans le dos.
Crédit photo : une photo faite en 2014 avec un poisson collé dans mon dos par l’un de mes enfants. Je l’ai fait voyager — le poisson, pas l’enfant — jusque Bruxelles. Hier, j’ai aussi fait généré une image par l’IA. C’est mal. C’est facile. Ça marche bien. Aaaarrgh.